La géothermie à l’école : un confort en toutes saisons

L’école du Bois d’Amour-Ermitage, à Saint-Benoît (dans la Vienne), est prête à affronter l’hiver sans craindre de nouvelles envolées des prix de l’énergie. Elle est aussi adaptée à des étés de plus en plus chauds et précoces. Comment ? Grâce à la géothermie, au géocooling et à une bonne isolation.


La mairie de Saint-Benoît, au sud de Poitiers, voulait mieux maîtriser les coûts d’exploitation de son école maternelle, améliorer le confort de ses élèves et réduire ses émissions de CO2. Elle devait aussi répondre aux objectifs du décret Tertiaire, qui exige d’abaisser de 40 % les consommations d’énergie des bâtiments scolaires entre 2019 et 2030. Les animateurs du Centre régional des énergies renouvelables (Crer) et du Contrat de chaleur renouvelable territorial (CCRT) de Grand Poitiers Communauté urbaine ont alors suggéré l’idée de remplacer la chaudière à gaz par de la géothermie de surface. Cette solution, renouvelable et locale, n’était pas encore très répandue. Mais les élus ont été convaincus par des études d’opportunité et de faisabilité menées en 2023, avec le soutien du Fonds Chaleur.

Chaleur Économe et froid passif

L’installation a elle aussi été en partie financée par le Fonds Chaleur. Onze sondes géothermiques verticales, installées sur le terrain de l’école, captent la chaleur du sol, à 50 m de profondeur. Celle-ci est relativement constante, située entre 14 et 18 °C toute l’année. En hiver, ces calories sont transmises à une pompe à chaleur, qui les valorise pour alimenter des radiateurs adaptés, dits « basse température », avec une eau à 40-45 °C. Le système ne consomme que 9 MWh d’électricité par an. En été, le principe s’inverse. Le sol est plus frais que l’air extérieur. Cette fraîcheur est transmise par échange thermique à une boucle d’eau dont les tuyaux parcourent les 882 m2 de l’école. Ce type de climatisation naturelle, appelée géocooling, ne consomme quasiment pas d’électricité. Et les résultats sont là : « Au plus chaud de la canicule de juin, la température dans l’école n’a pas excédé 26 °C ! », se réjouit Philippe Lepève, directeur des services techniques de la mairie.

74 %

de la chaleur produite provient du sous-sol

Froid passif et bonne isolation

« La géothermie comme le géocooling ne sont efficaces que dans des édifices bien isolés, souligne Titouan Langouet, animateur du CCRT. C’est le cas dans cette école : la pompe à chaleur consomme 8,92 MWh/an d’électricité, pour produire 34 MWh/an de chaleur. suite à un audit énergétique réalisé en 2022, la mairie avait déjà prévu une rénovation thermique complète du bâtiment. » Achevé en 2024, le projet n’est devenu pleinement opérationnel qu’en 2026, après quelques ajustements dans les réglages des sondes et de la pompe à chaleur. Il devrait éviter 7,5 tCO2eq par an.